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Taux de crédit immobilier en juin 2025 : où en est le marché ?

Le marché du crédit immobilier traverse en juin 2025 une période de stabilisation progressive, après deux ans de hausse brutale qui avaient paralysé de nombreux projets d’achat. Les taux moyens se situent désormais entre 3,20 % et 3,80 % selon les durées et les profils — un niveau bien loin des pics de fin 2023, mais encore loin de l’euphorie des 1 % pré-inflation. Pour beaucoup d’emprunteurs, la question n’est plus de savoir si les taux vont baisser, mais jusqu’où, et à quelle vitesse.

Sur kryos.fr, nos simulateurs de crédit immobilier permettent de calculer vos mensualités en temps réel selon votre profil et la durée souhaitée. Mais avant de lancer votre simulation, voici ce qu’il faut savoir sur l’état réel du marché en ce mois de juin 2025.

Où se situent les taux en juin 2025 ?

Les niveaux moyens par durée

Les barèmes bancaires publiés en juin 2025 affichent des taux fixes moyens (hors assurance emprunteur) autour de :

  • 3,20 % sur 15 ans pour un profil standard
  • 3,40 % sur 20 ans — la durée la plus courante
  • 3,65 % sur 25 ans, désormais accessible à nouveau depuis l’assouplissement des règles du HCSF

Les meilleurs profils — apport supérieur à 20 %, revenus nets mensuels au-dessus de 5 000 €, CDI ancienneté confirmée — peuvent décrocher des taux inférieurs à 3,00 % sur 20 ans auprès de certaines banques régionales en compétition active. À l’inverse, un profil primo-accédant sans apport se heurte encore à des conditions plus strictes.

La comparaison avec le début d’année

En janvier 2025, les taux moyens sur 20 ans tournaient autour de 3,70 %. Le recul de 30 points de base en six mois est significatif — concrètement, sur un prêt de 250 000 € sur 20 ans, la mensualité passe de 1 485 € à 1 440 €, soit une économie de 45 € par mois et près de 10 800 € sur la durée totale. Ce n’est pas négligeable.

Ce qui pilote les taux en ce moment

La politique monétaire de la BCE

La Banque centrale européenne a procédé à trois baisses successives de ses taux directeurs depuis septembre 2024. En juin 2025, le taux de dépôt de la BCE s’établit à 2,25 %, contre 4,00 % à son pic de 2023. Ce desserrement monétaire s’est transmis progressivement aux taux OAT 10 ans français — l’indice de référence pour les crédits immobiliers à taux fixe — qui oscillent autour de 3,30 % début juin 2025.

Les banques répercutent ces évolutions avec un délai de quelques semaines. Elles ne le font pas mécaniquement : leur marge nette d’intérêt, leur stratégie commerciale et leur niveau de liquidité influencent aussi leur barème du moment.

Le comportement des banques face à la demande

Après une période de frilosité marquée en 2023-2024, les établissements bancaires cherchent à reconstituer leurs volumes de crédits. Certaines banques proposent des offres promotionnelles pour attirer de nouveaux clients — notamment sur les durées courtes (15 ans) ou pour les rachats de crédit. La concurrence se réveille, ce qui profite mécaniquement aux emprunteurs bien préparés.

Les courtiers immobiliers le confirment : le nombre de dossiers acceptés repart à la hausse depuis le premier trimestre 2025, avec un taux d’accord bancaire en nette amélioration par rapport à 2023.

Quel profil emprunteur pour obtenir le meilleur taux ?

Le taux n’est jamais universel. Chaque banque analyse un dossier selon ses propres critères, mais quelques variables font systématiquement la différence :

  • L’apport personnel : en dessous de 10 %, vous partez avec un handicap. Au-dessus de 20 %, les banques s’assouplissent.
  • Le taux d’endettement : le plafond réglementaire reste fixé à 35 % des revenus nets (assurance incluse) par le HCSF.
  • La stabilité professionnelle : CDI, fonctionnaire ou profession libérale établie — le statut compte plus que les revenus bruts.
  • L’épargne résiduelle : une banque regarde si vous avez encore de l’argent sur vos comptes après l’opération.
  • La domiciliation des revenus : certains établissements conditionnent leur meilleur taux à la domiciliation du salaire pendant toute la durée du prêt.

Pour un couple avec 6 000 € de revenus nets mensuels, 40 000 € d’apport et un projet à 320 000 €, un bon courtier peut aujourd’hui obtenir un taux entre 3,15 % et 3,35 % sur 20 ans selon les banques consultées. Utilisez le simulateur de crédit immobilier de kryos.fr pour estimer votre mensualité selon votre propre situation.

Faut-il emprunter maintenant ou attendre ?

La question revient dans chaque cycle de taux. La réponse honnête : personne ne sait exactement ce que feront les taux dans 6 ou 12 mois. La BCE a signalé une pause dans ses baisses pour le second semestre 2025, ce qui suggère une stabilisation des taux immobiliers autour des niveaux actuels jusqu’à fin 2025.

Attendre une nouvelle baisse significative — disons revenir sous les 3 % généralisés — suppose que la BCE reprenne une politique accommodante agressive, ce qui n’est pas le scénario central. En revanche, si votre apport n’est pas encore constitué ou si votre dossier est incomplet, prendre le temps de consolider votre profil reste plus rentable que de se précipiter.

Un emprunt raté ou refusé coûte du temps, de l’énergie et parfois des frais de dossier. Un dossier solide présenté dans 3 mois vaut toujours mieux qu’un dossier fragile soumis aujourd’hui.

Ce que vous ne voyez pas dans le taux affiché

L’assurance emprunteur, le vrai coût caché

Le taux nominal affiché ne reflète jamais le coût total. L’assurance emprunteur représente en moyenne 0,20 % à 0,40 % du capital emprunté par an — soit entre 400 € et 800 € annuels pour un prêt de 200 000 €. Sur 20 ans, l’écart entre une assurance groupe bancaire et une délégation individuelle peut dépasser 15 000 €.

Depuis la loi Lemoine (2022), vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalité. Beaucoup d’emprunteurs l’ignorent encore — c’est pourtant l’un des leviers les plus efficaces pour réduire le coût total d’un crédit.

Les frais de dossier et garantie

Aux taux s’ajoutent les frais de dossier (entre 500 € et 1 500 € selon les banques), les frais de garantie (caution type Crédit Logement ou hypothèque) et les frais de notaire. Le TAEG — taux annuel effectif global — intègre tous ces éléments et constitue le seul indicateur de comparaison fiable entre deux offres. Exigez toujours le TAEG, jamais seulement le taux nominal.

Points de vigilance pour votre dossier

  • Vérifiez votre taux d’endettement avant de solliciter une banque — un refus laisse une trace dans votre historique.
  • Comparez au moins 3 offres bancaires différentes : les écarts de taux atteignent parfois 0,50 % à profil identique.
  • Négociez l’assurance séparément du crédit — c’est légal et souvent très rentable.
  • Attention aux offres à taux variable : en période d’incertitude, la prévisibilité d’un taux fixe a une valeur réelle.
  • Relisez l’offre de prêt dans le délai de réflexion obligatoire de 10 jours — jamais sous pression.