Changer d’assureur auto, comparer des offres, ouvrir un nouveau contrat : dans tous ces cas, on vous réclame le même document. Le relevé d’information est une pièce centrale du marché de l’assurance automobile en France, et pourtant beaucoup d’assurés ne savent pas exactement ce qu’il contient ni comment le récupérer rapidement. Voici ce qu’il faut savoir, sans détour.
Ce document résume votre historique en tant que conducteur assuré : sinistres déclarés, coefficient bonus-malus, ancienneté du contrat. Un nouvel assureur l’analyse systématiquement avant de vous faire une proposition. Autrement dit, c’est votre « carte de visite » sur le marché de l’assurance auto — mieux vaut comprendre ce qu’elle dit de vous.
Ce que contient un relevé d’information assurance auto
Les données obligatoires
Le contenu du relevé d’information est encadré par l’article A. 121-1 du Code des assurances. Chaque assureur est tenu de vous le fournir dans un format standardisé. Vous y trouvez :
- Vos coordonnées et celles du souscripteur du contrat
- Le numéro de contrat et les références du véhicule assuré
- La date de souscription et la date d’effet du contrat actuel
- Le coefficient de réduction-majoration (CRM, communément appelé bonus-malus) à la date d’édition
- La liste des sinistres survenus au cours des cinq dernières années, avec leur date, leur nature (responsable ou non) et leur part de responsabilité
- Les conducteurs désignés au contrat
Cinq ans d’historique : c’est la fenêtre que scrutera votre futur assureur. Un sinistre responsable de 2020 figure encore sur votre relevé en 2025. Un sinistre de 2019 n’y apparaît plus. C’est mécanique.
💡 Notre conseil
Demandez votre relevé d’information même si vous ne changez pas d’assureur dans l’immédiat. Conservez-le dans vos documents personnels : il vous sera réclamé à chaque nouveau devis, et certains assureurs refusent de travailler sans lui.
Le bonus-malus : la donnée la plus scrutée
Le CRM démarre à 1,00 pour tout nouveau conducteur. Chaque année sans sinistre responsable, il diminue de 5 % (×0,95). Cinq ans de conduite sans accident vous amène à un coefficient de 0,77 — soit une réduction de 23 % sur votre prime de base. À l’inverse, un sinistre responsable l’augmente de 25 % (×1,25). Deux accidents en un an peuvent faire grimper votre prime de façon significative.
Le relevé d’information matérialise ce coefficient à une date précise. Si vous avez un bonus de 0,50 — le plancher légal — votre prochain assureur reprendra ce chiffre tel quel. Le bonus-malus vous suit, quel que soit l’assureur.
0,50
Coefficient bonus-malus minimum légal en France — réduction de 50 % sur la prime de référence
Comment obtenir votre relevé d’information
Votre assureur actuel est tenu de vous le fournir
La loi est claire : votre assureur doit vous remettre le relevé d’information à votre demande, dans un délai de quinze jours. Il doit aussi vous l’envoyer automatiquement à chaque résiliation de contrat — de votre fait ou du sien.
Trois canaux pour obtenir ce document :
- L’espace client en ligne : la grande majorité des assureurs propose désormais un portail numérique. Le relevé y est téléchargeable directement, en quelques clics, au format PDF.
- Par e-mail ou courrier : une demande écrite à votre gestionnaire suffit. Précisez la date souhaitée d’édition du document.
- En agence ou par téléphone : moins rapide, mais possible si vous n’avez pas accès à l’espace client numérique.
Si votre assureur tarde au-delà de quinze jours, relancez par écrit (e-mail avec accusé de réception). En cas de litige, le médiateur de l’assurance peut intervenir.
Et si vous avez eu plusieurs assureurs ?
Chaque assureur n’émet un relevé que pour la période où vous étiez son client. Si vous avez changé d’assureur trois fois en cinq ans, vous aurez besoin de trois relevés distincts pour couvrir l’intégralité de votre historique. Certains assureurs demandent uniquement le relevé le plus récent — d’autres veulent la continuité complète. Anticipez la question dès votre demande de devis.
✅ À retenir
Conservez chaque relevé d’information émis par vos anciens assureurs. Ces documents n’ont pas de date d’expiration légale, mais leur utilité pratique couvre surtout les cinq dernières années d’historique.
Lire et interpréter son relevé d’information
Décrypter la rubrique sinistres
C’est la section qui génère le plus de questions. Chaque sinistre est classé selon plusieurs critères :
- Sinistre responsable à 100 % : impact maximal sur le coefficient (+25 %)
- Sinistre responsable à 50 % : impact partiel (+12,5 % en général)
- Sinistre non responsable : aucune incidence sur le bonus-malus, mais le sinistre figure quand même dans la liste
- Sinistre vol, bris de glace, catastrophe naturelle : généralement sans effet sur le CRM, mais certains assureurs en tiennent compte dans leur tarification interne
Un sinistre non responsable qui apparaît dans votre relevé ne doit pas vous inquiéter pour votre bonus-malus. Mais sachez qu’un assureur peut refuser de vous couvrir ou augmenter sa prime si votre historique affiche plusieurs sinistres, même non responsables. C’est légal — et courant.
Vérifier les erreurs éventuelles
Des erreurs sur un relevé d’information, ça arrive. Un sinistre classé « responsable » alors qu’il ne l’était pas, un coefficient mal reporté, un conducteur désigné qui n’est plus au contrat depuis deux ans. Lisez le document ligne par ligne avant de le transmettre à un nouvel assureur.
Si vous constatez une inexactitude, contestez-la par écrit auprès de votre assureur, en joignant les preuves correspondantes (constat amiable, décision de l’assureur adverse, courriers échangés). Votre assureur est tenu de corriger les erreurs factuelles. Ce n’est pas toujours rapide, mais c’est faisable.
⚠️ À garder en tête
Ne transmettez jamais un relevé d’information comportant des informations que vous savez erronées. En cas de litige ultérieur, votre bonne foi sera plus facilement reconnue si vous avez signalé l’anomalie par écrit à votre assureur avant de changer de contrat.
Utiliser son relevé d’information pour changer d’assureur
Le moment opportun pour comparer
La loi Hamon (2015) et la loi Châtel encadrent les conditions de résiliation. Concrètement, après un an de contrat, vous pouvez résilier à tout moment sans frais ni justification. Autant en profiter pour comparer sérieusement.
Avant de lancer vos demandes de devis, préparez :
- Votre relevé d’information à jour (demandez-le avant de commencer les comparaisons)
- Le permis de conduire de tous les conducteurs désignés
- La carte grise du véhicule
- Votre dernier avis d’échéance (pour connaître votre prime actuelle)
Un bon relevé d’information — bonus élevé, zéro sinistre responsable — est un vrai levier de négociation. Des assureurs proposent des tarifs préférentiels aux conducteurs avec un CRM inférieur à 0,80 depuis plus de trois ans. Mettez-le en avant.
Le relevé d’information et les autres contrats d’assurance
Le relevé d’information est propre à l’assurance auto (et moto). Il ne concerne pas l’assurance habitation, ni l’assurance emprunteur, ni les placements financiers. Si vous vous interrogez sur d’autres produits — arbitrage d’une assurance vie, choix d’un contrat d’épargne long terme — les logiques sont différentes. Sur ce sujet, notre article Assurance vie : choisir le meilleur contrat pour votre épargne détaille les critères à examiner avant de souscrire.
Pour les sujets plus larges liés à la gestion de votre patrimoine et de vos finances personnelles, la rubrique Finance de Kryos regroupe analyses et outils pratiques adaptés aux particuliers.
Contactez votre assureur par e-mail ou via l’espace client. Délai légal : 15 jours.
Coefficient, sinistres, conducteurs : lisez chaque ligne avant de transmettre le document.
Transmettez le relevé à chaque assureur consulté. C’est la base de tout devis sérieux.
Une fois le nouveau contrat signé, votre nouvel assureur peut se charger de la résiliation auprès de l’ancien — c’est désormais la pratique courante.
Le relevé d’information assurance auto n’est pas un document anodin qu’on range dans un tiroir. C’est un outil actif : bien lu, bien conservé et bien utilisé, il vous permet de négocier votre contrat sur des bases concrètes plutôt que de subir la tarification par défaut de votre assureur actuel. Et dans un marché où les écarts de prime entre assureurs peuvent dépasser 30 % pour un profil identique, l’effort en vaut largement la peine.