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Fiscalité du PEL : ce que vous payez vraiment sur vos intérêts

Le Plan Épargne Logement a la réputation d’un placement sage, presque ennuyeux. Sauf que sa fiscalité, elle, réserve quelques surprises — surtout si votre PEL a été ouvert avant 2018. La date d’ouverture du contrat change tout : régime d’exonération, flat tax, barème progressif de l’impôt sur le revenu. Autant de variables qui peuvent faire varier votre imposition du simple au double selon votre situation.

Sur kryos.fr, on reçoit régulièrement des questions de lecteurs qui ignorent que leurs intérêts PEL sont imposables, ou qui appliquent les mauvaises règles. Cet article pose les bases clairement, avec des exemples chiffrés, pour que vous sachiez exactement ce que vous allez payer — ou ce que vous pouvez optimiser.

Deux régimes fiscaux selon la date d’ouverture

PEL ouvert avant le 1er janvier 2018 : l’ancienne règle

Pour les PEL ouverts avant 2018, la règle d’exonération temporaire s’applique toujours. Les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu pendant les 12 premières années du plan. À partir de la 13e année, ils basculent dans le droit commun et deviennent imposables, au choix du contribuable : barème progressif de l’IR ou Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU à 12,8 %).

Les prélèvements sociaux, eux, sont prélevés dès la première année, sans attendre. Le taux actuel est de 17,2 %. Ce détail est souvent oublié : même pendant la phase d’exonération IR, votre épargne supporte déjà une ponction annuelle.

💡 Notre conseil

Si vous avez un PEL de plus de 12 ans encore en cours, comparez votre tranche marginale d’imposition avec le PFU à 12,8 %. Si vous êtes dans la tranche à 11 % ou moins, le barème progressif vous coûte moins cher que la flat tax.

PEL ouvert depuis le 1er janvier 2018 : la flat tax d’emblée

Pour les plans ouverts à partir du 1er janvier 2018, plus d’exonération temporaire. Les intérêts sont imposables dès la première année, soumis au PFU de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). C’est le même régime que les intérêts d’un compte à terme ou d’un livret fiscalisé.

Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l’IR à la place du PFU — cette option globale s’applique alors à l’ensemble des revenus du capital de l’année. Elle n’est avantageuse que si votre taux marginal d’imposition est inférieur à 12,8 %, soit si vous êtes non imposable ou dans la première tranche à 11 %.

30 %

taux global PFU applicable aux intérêts PEL post-2018 (12,8 % IR + 17,2 % PS)

Le barème progressif de l’IR appliqué aux intérêts PEL

Tranches d’imposition 2025 (revenus 2024)

Opter pour le barème progressif revient à intégrer vos intérêts PEL à votre revenu imposable global. Voici les tranches en vigueur :

  • Jusqu’à 11 294 € de revenu net imposable : 0 %
  • De 11 295 € à 28 797 € : 11 %
  • De 28 798 € à 82 341 € : 30 %
  • De 82 342 € à 177 106 € : 41 %
  • Au-delà de 177 106 € : 45 %

Un exemple concret : vous avez perçu 800 € d’intérêts PEL en 2024 et votre revenu imposable vous place dans la tranche à 30 %. Si vous optez pour le barème, ces 800 € supporteront 30 % d’IR soit 240 € — identique au PFU. Résultat : l’option barème n’apporte rien ici. En revanche, si vous êtes dans la tranche à 11 %, vous payez 88 € d’IR au lieu de 102 € avec le PFU. Le gain est modeste mais réel.

⚠️ À garder en tête

L’option pour le barème progressif est globale : vous ne pouvez pas l’appliquer uniquement à vos intérêts PEL. Elle s’étend à tous vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année. Simulez l’impact total avant de cocher cette case sur votre déclaration.

Abattement de 40 % : applicable ou non aux intérêts PEL ?

L’abattement de 40 % qui s’applique aux dividendes ne concerne pas les intérêts d’épargne. Les intérêts PEL sont des revenus de capitaux mobiliers de nature obligataire — ils sont intégrés à 100 % dans le revenu imposable si vous optez pour le barème, sans abattement possible. Ne confondez pas les deux catégories.

Prélèvements sociaux : le prélèvement inévitable

17,2 % sur tous les PEL, sans exception

Peu importe la date d’ouverture de votre PEL, peu importe que vous soyez exonéré d’IR ou non : les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % s’appliquent systématiquement. Ils se décomposent ainsi :

  • CSG : 9,2 %
  • CRDS : 0,5 %
  • Prélèvement de solidarité : 7,5 %

Ces 17,2 % sont prélevés à la source chaque année par votre établissement bancaire sur les intérêts crédités. Vous ne les voyez pas passer, mais ils amputent mécaniquement le rendement net de votre PEL.

« Un PEL post-2018 rémunéré à 2,25 % brut (taux en vigueur depuis janvier 2024) ne rapporte que 1,57 % net après PFU complet — soit moins que le Livret A à 2,4 % net d’impôt. »

— Calcul Kryos, taux janvier 2024

CSG déductible : un avantage partiel

Bonne nouvelle (relative) : si vous optez pour le barème progressif de l’IR, une partie de la CSG payée sur vos intérêts est déductible de votre revenu imposable. Le taux de CSG déductible est de 6,8 % sur les 9,2 % totaux. Cette déductibilité s’applique l’année suivant le paiement de la CSG.

Avec le PFU en revanche, aucune déductibilité CSG. C’est un élément de comparaison supplémentaire à intégrer dans votre choix de régime d’imposition.

PEL et stratégie patrimoniale : l’angle souvent négligé

PEL vs autres enveloppes : comparer le net d’impôt

Avant de conserver un PEL ancienne génération ou d’en ouvrir un nouveau, comparez les rendements nets réels. Le PEL post-2018 à 2,25 % brut (taux janvier 2024) génère un rendement net de 1,57 % après PFU complet. Face à ça :

Placement Taux brut Fiscalité Taux net estimé
PEL post-2018 2,25 % PFU 30 % 1,57 %
Livret A 2,40 % (taux au 1er fév. 2025) Exonéré 2,40 %
LDDS 2,40 % Exonéré 2,40 %
Fonds euros AV 3 à 4 % Prél. sociaux + IR réduit (après 8 ans) 2,1 à 3,2 %

Pour aller plus loin sur la comparaison entre épargne réglementée et investissement, notre section Finance rassemble des analyses détaillées par enveloppe et par horizon de placement.

Fermer ou conserver un vieux PEL : le calcul à faire

Un PEL ouvert en 2010 a plus de 12 ans. Ses intérêts sont donc imposables depuis 2022. Si le taux de ce PEL est de 2,50 % (taux en vigueur lors de son ouverture), le rendement brut reste correct — mais après PFU, il tombe à 1,75 %. Avant de le clôturer, vérifiez deux points :

  • Le taux contractuel : certains PEL ouverts avant 2011 bénéficient de taux à 3,5 % ou plus — à conserver absolument.
  • Votre projet immobilier : le PEL donne accès au prêt épargne logement, dont le taux (3,45 % depuis janvier 2024) n’est plus systématiquement avantageux face aux taux de marché actuels, mais peut l’être selon votre profil.

Si vous envisagez un Investissement immobilier locatif : rendement, fiscalité et stratégie, le PEL peut s’intégrer dans un montage global — apport personnel, financement complémentaire — même si son taux de prêt n’est pas le plus compétitif du marché.

✅ À retenir

PEL avant 2018 : exonération IR pendant 12 ans, prélèvements sociaux dès l’an 1. PEL post-2018 : PFU de 30 % dès la première année. Dans les deux cas, comparez le rendement net avec le Livret A avant de mobiliser votre épargne sur ce produit.

Questions fréquentes

Les intérêts d’un PEL sont-ils automatiquement déclarés aux impôts ?

Oui. Votre banque transmet chaque année à l’administration fiscale un Imprimé Fiscal Unique (IFU) récapitulant les intérêts versés sur votre PEL. Ces montants sont en principe préremplis sur votre déclaration de revenus. Vous n’avez pas à les saisir manuellement, mais vous devez vérifier qu’ils sont corrects et choisir, le cas échéant, l’option pour le barème progressif de l’IR si elle vous est plus favorable.

Peut-on être exonéré d’impôt sur les intérêts d’un PEL ouvert après 2018 ?

Non. Les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 ne bénéficient d’aucune exonération d’impôt sur le revenu, quelle que soit leur durée de détention. Les intérêts sont soumis au PFU de 30 % dès la première année. Seule exception marginale : les contribuables non imposables peuvent opter pour le barème progressif et ne payer que les 17,2 % de prélèvements sociaux.

Quelle différence fiscale entre un PEL et un Livret A ?

Le Livret A est totalement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux : les intérêts perçus ne sont pas imposables. Le PEL post-2018, lui, supporte le PFU à 30 %, ce qui ramène un taux brut de 2,25 % à environ 1,57 % net. C’est la principale raison pour laquelle le Livret A reste plus rentable en net pour la majorité des épargnants, même si son taux brut est légèrement inférieur.

Comment savoir si mon PEL est encore exonéré d’impôt sur le revenu ?

Deux conditions cumulatives : votre PEL doit avoir été ouvert avant le 1er janvier 2018, et il doit avoir moins de 12 ans. Un PEL ouvert en mars 2015 sera exonéré d’IR jusqu’en mars 2027. Passé ce délai, ses intérêts deviennent imposables automatiquement. Vérifiez la date d’ouverture sur votre relevé bancaire ou votre espace client en ligne.

Les prélèvements sociaux sont-ils prélevés chaque année ou à la clôture du PEL ?

Les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % sont prélevés chaque année sur les intérêts crédités, quel que soit l’âge du PEL et quelle que soit la date d’ouverture. Ce prélèvement est opéré directement par votre banque et ne nécessite aucune démarche de votre part. Il n’y a pas de régularisation à la clôture pour les prélèvements sociaux.